Le mardi 8 septembre 2026, PLS était présent au Parlement européen à Bruxelles à l’occasion de l’événement « Mutuals delivering Europe’s priorities », organisé par le Social Economy Intergroup. Pendant près de quatre heures, une vingtaine d’intervenant·e·s venu·e·s de plusieurs pays européens (Belgique, Luxembourg, France, Italie, Espagne et Portugal) ont échangé sur le rôle que peuvent jouer les mutuelles dans la mise en œuvre des priorités européennes.
Actrices majeures de l’économie sociale, les mutuelles reposent sur un modèle fondé sur la solidarité et la mise en commun des risques. Elles jouent un rôle de premier plan dans l’accès aux services de santé et de protection sociale pour des millions de citoyen·ne·s européen·ne·s.
Les mutuelles : une clé pour une Europe « plus résiliente, inclusive et compétitive » ?
Un des fils conducteurs de l’événement était la conviction que l’Union européenne ne peut pas renforcer sa compétitivité en affaiblissant sa dimension sociale.
Alain Coheur, président de la Commission consultative des mutations industrielles (CCMI) du Comité économique et social européen (CESE), a ainsi souligné que la protection sociale constitue une condition sine qua non de la performance et de la résilience économique européenne. Selon lui, une économie performante ne peut pas être évaluée uniquement à travers des indicateurs économiques. Elle doit aussi être évaluée à travers d’autres indicateurs comme la santé, l’accès aux services essentiels et la capacité des citoyen·ne·s à participer pleinement à la société. En effet, les mutuelles sont des actrices socio-économiques auxquelles ne s’applique pas la logique économique capitalistique habituelle. Brigitte Fellahi-Brognaux (cheffe de l’unité au sein de la Direction générale de l’Emploi, des affaires sociales et de l’inclusion (DG EMPL) de la Commission européenne) a souligné que les mutuelles doivent être considérées comme porteuses d’investissements multidimensionnels sur le long terme. Selon Maravillas Abadía Jover, députée européenne (PP, Espagne), les mutuelles ont aussi la particularité d’être au plus proche des populations (« rooted in community »). Dans un contexte où l’UE a besoin aussi bien d’innovation sociale que de proximité avec les populations, les mutuelles, et l’impact social qu’elles produisent, doivent être vus comme des contributions stratégiques aux objectifs européens.
Ce que demandent les mutuelles à l’Union européenne
Les interventions ont fait émerger plusieurs attentes à l’égard de l’Union européenne. Parmi elles figurent notamment la reconnaissance juridique et politique des mutuelles à l’échelle européenne, ainsi que la création d’un cadre permettant de mieux protéger et soutenir leur modèle spécifique. L’enjeu est également de garantir une réglementation qui tienne compte du fait que les mutuelles ne poursuivent pas les mêmes objectifs que des organisations à but lucratif. À cela s’ajoute l’attente d’un soutien européen au financement des mutuelles.
Enfin, certain·e·s des intervenant·e·s ont aussi demandé à l’UE de les inclure dans les discussions sur le changement climatique dans la mesure où les mutuelles apparaissent comme des actrices importantes dans la recherche de résilience climatique (santé, gestion des pandémies, conditions de travail dégradées, etc).
Estelle Ceulemans, députée européenne (S&D, Belgique), a replacé la question de la protection juridique des mutuelles dans un contexte politique plus large et a affirmé que la défense des mutuelles participe pleinement à la lutte contre la montée des extrêmes droites. De nombreux intervenant·e·s (comme Alain Coheur) ont invité l’UE à se à s’interroger sur la compétitivité qu’elle souhaite mettre en place et sur l’avenir qu’elle envisage pour ses citoyen·ne·s.