Améliorer l'accueil des demandeur·se·s d'asile LGBTQIA+ en Belgique

Novembre 2021
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Dans le cadre d'un projet co-financé par par la Cellule égalité des chances du SPF Justice, POUR LA SOLIDARITE-PLS publie une étude qui présente une vue d’ensemble et une analyse critique de la procédure de demande de protection internationale en Belgique à la lueur de la situation très spécifique des demandeur·se·s d'asile et réfugié·e·s LGBTQIA+. 

Migrer parce qu’on est persécuté‧e en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre (OSIG) est une réalité. Ces violences subies ne s’arrêtent pas pour autant une fois arrivé‧e dans le pays d’accueil où les demandeur·se·s d'asile LGBTQIA+ doivent parfois faire face à d’autres formes de vulnérabilités et de violences.

Ainsi, marginalisé·e·s, les demandeur·se·s d'asile LGBTQIA+ sont doublement discriminé·e·s et violenté·e·s, car iels se situent à l’intersectionnalité de plusieurs facteurs de discriminations, entre autres l’origine ethnique et l’OSIG (mais aussi, la religion, la classe sociale, etc.). L’intersectionnalité des discriminations revient à reconnaître qu’un individu puisse être touché par de multiples discriminations et que celles-ci ne se superposent pas simplement, mais peuvent en amener de nouvelles. 1 plus 1 ne font pas simplement 2, mais 3. Autrement dit, les demandeur·se·s d'asile LGBTQIA+ sont discriminé·e·s parce que demandeur·se·s d'asile, parce qu’appartenant aux communautés LGBTQIA+, et parce que demandeur·se·s d'asile LGBTQIA+. 

Par ailleurs, la procédure de demande d’asile fondée sur l’OSIG pose certains problèmes principalement liés à :

  • l’absence de reconnaissance explicite des demandes d’asile fondées sur l’OSIG dans les textes de loi ;
  • l’évaluation des situations de risque et de vulnérabilité que fuient les demandeur·se·s d’asile ;
  • la preuve de leur orientation sexuelle, le cas échéant, lors de l’audition au Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA) et durant tout le processus ; et
  • des capacités d’hébergement insuffisantes pour accueillir dignement tou·te·s les demandeur·se·s.

Dans le cadre de cette publication, nous avons rencontré différentes maisons coupoles, associations LGBTQIA+ et centres d’accueil pour demandeur·se·s d'asile. Nous avons aussi organisé des groupes de parole avec des demandeur·se·s d'asile LGBTQIA+, car il était essentiel de mettre les procédures législatives et la théorie en perspective avec la réalité et l’expérience du terrain. Aussi, donner la parole aux concerné·e·s est la première – et indispensable – étape d’un long processus pour rendre compte de réalités et de chemins de vie invisibilisés et inconnus du grand public, et, parfois encore des travailleur·se·s sociaux·ales et décideur·se·s politiques, acteurs et actrices majeur·e·s de l’accueil et l’inclusion des demandeur·se·s d'asile LGBTQIA+ en Belgique. 

Dans le monde, de nombreuses personnes doivent faire face à des persécutions liées à leur OSIG. Quitter leur pays d’origine devient leur seul moyen de survie. Cette publication vise ainsi à mettre en lumière et à analyser les procédures existantes et les problèmes et obstacles constatés sur le terrain tant par les associations et organisations pertinentes que par les réfugié·e·s elleux-mêmes. Elle émet également des recommandations et propose des actions concrètes pour faire avancer les choses, et tenter d’éviter des drames humains. 

Contact: 

Marie Schuller

Pays: 

Belgique

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