À l’approche des municipales, l’économie sociale et solidaire (ESS) devient un enjeu politique majeur. Fragilisées par la baisse des financements publics, les structures de l’ESS doivent repenser leur modèle économique. Les candidat·e·s sont désormais attendu·e·s sur des engagements concrets.
L’économie sociale et solidaire au centre des élections municipales françaises
Le mois de mars approchant à grands pas, certain·e·s candidat·e·s aux élections municipales françaises font de l’économie sociale et solidaire une question clé. Dans différentes villes et communes françaises, les candidat·e·s favorisent un programme laissant place à des politiques de soutien aux initiatives locales, de renforcement du lien social et d’accompagnement. À Nantes, par exemple, le groupe écologiste présente un programme dans lequel « des initiatives qui favorisent l’emploi et les gains de pouvoir d’achat dans tous les quartiers » seront proposées.
Dans la ville de Toulon, le sénateur Les Républicains propose la création de la « Maison de l’ESS et des transitions ». Les listes de gauche engagées dans la course municipale présentent également un programme de « transition économique » porté vers la relance économique dite locale, solidaire et sociale, prenant en compte l’épanouissement des électeur·rice·s
Les acteur·ice·s financier·e·s sollicitent les candidat·e·s à se positionner sur les enjeux liés à l’ESS
La Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (CRESS) de la Nouvelle-Aquitaine, en Dordogne, incite les candidat·e·s à se positionner sur ces questions : ce 12 février, les candidat·e·s devront présenter les politiques qu’iels souhaitent mener afin de favoriser une ESS. En effet, la CRESS a adressé aux candidat·e·s une charte d’engagement comprenant une dizaine de points que le·a futur·e représentant·e municipal·e devra porter.
De plus, dans la région d’Auvergne-Rhône-Alpes, la CRESS a également sollicité les candidat·e·s aux élections municipales afin qu’iels puissent présenter leurs initiatives sur ces questions : « Nous avons envoyé un courrier à tous les partis politiques pour inviter leurs candidats aux élections municipales et intercommunales à venir nous rencontrer et à échanger sur l’économie sociale et solidaire », s’exprime Nicolas Planchon, co-président du Conseil régional de l’ESS.
Un enjeu de taille, à l’heure où les associations à but non lucratif font face à de nombreuses menaces.
D’après les données de l’Observatoire nationale de l’ESS, ce modèle économique occupe une place significative en France, concentrant 13,7 % des emplois privés et contribuant à hauteur de 10 % du PIB en 2025.
Cependant, les subventions publiques régressent progressivement, impactant les structures les plus vulnérables, notamment les associations. Par conséquent, ces structures sont contraintes de diversifier leurs sources de financement.
Plus de 186 000 emplois ESS menacés en France forçant la diversification des ressources
Les coupures budgétaires destinées aux emplois de l’ESS ont provoqué une situation de tension dans laquelle 186 emplois sont aujourd’hui menacés de disparaître. Il faut également ajouter la montée de l’inflation. Ainsi, ces structures ont dû repenser leur modèle économique.
En effet, entre 2011 et 2020, les ressources publiques ont baissé de 51 % à 48 %. Les structures de l’ESS, notamment les associations, ont dû élargir leurs sources de financement en adoptant des mécanismes coopératifs : s’appuyer sur les nouveaux adhérents, collecte de fonds, …
Dans le contexte socio-économique actuel, les structures de l’ESS font face à des difficultés croissantes. L’accès aux ressources étant de plus en plus complexe, il devient indispensable que les candidat·e·s aux élections municipales apportent des réponses à ces enjeux majeurs.