Le 11 juin 2026 s’est tenue la première réunion du Groupe des Amis de l’économie sociale et solidaire (ESS) au sein des locaux de l’Organisation internationale du Travail (OIT) à Genève. En renforçant la coopération multilatérale entre les gouvernements des pays membres de l’ONU, ce groupe a vocation à jouer un rôle clé pour asseoir la reconnaissance de l’ESS sur la scène internationale.
Une première réunion pour poser les cadres des futurs échanges
Initiée par les gouvernements de l’Espagne, du Brésil et de la Colombie, cette rencontre avait pour objectif de jeter les bases et les règles d’un groupe qui a vocation à s’inscrire dans le temps pour soutenir le développement de l’ESS au niveau international. En effet, le groupe des amis de l’ESS constitue une plateforme de coopération volontaire permettant aux gouvernements intéressés de s’unir.
Son objectif politique est double : promouvoir la contribution de l’ESS au travail décent, à la justice sociale et au développement durable, tout en faisant peser la voix de ce modèle alternatif au sein des grands processus de négociation internationaux.
L’ampleur de la participation à cette première rencontre témoigne d’un élan politique certain. Les délégations d’une trentaine de pays ont répondu à l’appel, incluant des ministres issus de régions géographiques très diverses, allant de la Barbade à l’Ouzbékistan, en passant par la Côte d’Ivoire. Les institutions internationales étaient quant à elles représentées par l’OIT (via sa Directrice générale adjointe Laura Thompson, également à la tête de la Task Force de l’ONU sur l’ESS). Enfin, la société civile s’est aussi mobilisée à travers ses grands réseaux mondiaux et régionaux, au premier rang desquels le RIPESS (Réseau intercontinental de promotion de l’économie sociale solidaire) et Social Economy Europe.
Une nouvelle plateforme d’échange pour enrichir l’écosystème onusien
Le nouveau Groupe des Amis de l’ESS vient s’insérer au cœur d’un écosystème multilatéral déjà actif au sein de l’ONU. Selon le gouvernement espagnol, ce groupe de travail n’a pas vocation à se substituer aux structures existantes, mais à accompagner et compléter la production de connaissances d’une organisation mondiale devenue, au fil des ans, une plateforme d’échanges prolifiques sur les enjeux de l’ESS.
Ce dispositif informel vient plus précisément faire le pont entre deux initiatives majeures de l’ONU :
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Le Groupe de Travail inter-agences des Nations Unies sur l’Economie Sociale et Solidaire (UNTFSSE) : qui rassemble les entités onusiennes et leurs partenaires pour faire progresser la recherche, la cohérence des politiques publiques et l’action coordonnée en faveur de l’ESS à l’échelle mondiale.
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La Coalition mondiale pour la justice sociale : une dynamique d’envergure coordonnée par l’OIT (Organisation internationale du Travail), dont l’ESS est l’un des leviers opérationnels majeurs.
En capitalisant sur ces deux piliers, le Groupe des Amis de l’ESS participera à la production de savoirs partagés. Il permettra de mieux modéliser les initiatives capables d’éradiquer la pauvreté dans le monde. Un exemple marquant de cette synergie est le concept d’« économie des droits humains », mis en avant par l’ONU en février dernier au sein d’un rapport intitulé Advancing a human rights economy through the social and solidarity economy: Pathways to the eradication of poverty beyond growth.
Ce modèle économique alternatif trouve dans l’ESS, qui place la dignité et les droits fondamentaux au-dessus du profit, son incarnation la plus concrète.
De manière plus générale, ce nouveau groupe jouera un rôle d’accélérateur politique. Son action visera à renforcer la place de l’ESS dans la dernière ligne droite de la mise en œuvre de l’Agenda 2030 pour le développement durable, tout en veillant à ce que l’ESS soit d’ores et déjà pleinement intégrée dans les réflexions et l’élaboration du futur programme de développement pour l’après-2030.