Du 7 au 9 juillet 2026, Dakar accueillera la deuxième édition du Forum africain de l’économie sociale et solidaire (FORA’ESS). Plus qu’un rendez-vous entre acteurs de l’ESS, l’évènement témoigne d’une dynamique plus large d’un continent qui structure progressivement l’ESS comme un outil de développement, d’emploi et de coopération, avec l’ambition de renforcer ses politiques publiques à l’échelle africaine.
FORA’ESS, une ambition à l’échelle continentale
Du 7 au 9 juillet, le Sénégal accueillera la deuxième édition du Forum africain de l’économie sociale et solidaire (FORA’ESS). Environ 2 500 participant·es issus de plus de 33 pays africains, dont une vingtaine de ministres, sont attendus à Dakar pour échanger autour du rôle de l’ESS face aux grands défis du continent : emploi des jeunes, inclusion sociale, transition écologique ou encore réduction des inégalités.
Placée sous le thème « L’économie sociale et solidaire : moteur de transition, d’inclusion et de convergence en Afrique », cette édition s’inscrit dans une dynamique de structuration de l’ESS qui dépasse largement le seul cadre sénégalais.
Une ESS de plus en plus portée par les politiques publiques africaines
Ces dernières années, plusieurs pays africains ont renforcé leur engagement en faveur de l’ESS. Le Sénégal fait figure de précurseur avec un ministère dédié, une loi d’orientation, une stratégie nationale et plusieurs dispositifs d’accompagnement des acteurs de l’écosystème. Le président Bassirou Diomaye Faye a d’ailleurs fait de 2026 « l’Année de l’Économie sociale et solidaire et de l’emploi ».
Cette dynamique dépasse désormais le cadre national. En 2025, l’Union africaine a adopté une stratégie décennale de développement de l’ESS, visant à créer un environnement favorable au développement de modèles économiques plus inclusifs et durables sur l’ensemble du continent.
Le FORA’ESS s’inscrit dans cette continuité en réunissant responsables politiques, collectivités territoriales, chercheurs, entrepreneurs sociaux, coopératives, mutuelles et partenaires internationaux autour d’une même ambition : faire de l’ESS un véritable levier de développement.
De nouveaux outils pour structurer l’ESS
Au-delà des échanges, le forum entend produire des avancées concrètes.
Les organisateurs ont annoncé que dix pays africains travaillent actuellement à l’élaboration de cadres législatifs dédiés à l’ESS. Le forum a aussi pour but d’accompagner cette dynamique en favorisant le partage d’expérience entre États.
Parmi les projets annoncés figure également la création d’un Observatoire africain de l’économie sociale et solidaire. Son objectif serait de renforcer la production de données, d’améliorer le suivi des politiques publiques et de diffuser les bonnes pratiques entre pays.
Cette question de la donnée apparaît comme un enjeu majeur. Le ministre sénégalais de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Alioune Dione, souligne qu’une meilleure connaissance statistique de l’ESS est indispensable pour orienter les politiques publiques et attirer davantage de financements.
Une dynamique qui confirme l’internationalisation de l’ESS
Alors que les débats européens portent souvent sur le financement ou la reconnaissance institutionnelle de l’ESS, le continent africain met l’accent sur sa structuration politique et juridique. L’organisation du FORA’ESS illustre cela. La rencontre devrait déboucher sur l’adoption d’une Déclaration de Dakar, destinée à servir de feuille de route pour le développement de l’ESS en Afrique.
Au-delà de l’évènement en lui-même, cette deuxième édition confirme que l’ESS s’impose progressivement comme un sujet de coopération internationale et de politiques publiques, porté par des États qui cherchent à en faire un moteur de développement économique, social et territorial.