ESS : réinventer le travail par la démocratie collective

Dans une note publiée en 2026, le Labo de l’ESS appelle à renforcer la démocratie au travail au sein des structures de l’économie sociale et solidaire. L’objectif : permettre aux salarié·e·s de participer davantage aux décisions liées à leur activité, afin de construire un travail plus juste et plus collectif 

Redonner du pouvoir d’agir aux salarié·e·s 

Face aux crises sociales, démocratiques et écologiques qui traversent nos sociétés, la question du travail revient au centre des réflexions : conditions de travail dégradées, perte de sens, ou encore méfiance vis-à-vis des institutions ; autant de phénomènes qui interrogent la manière dont le travail est aujourd’hui organisé.  

Dans ce contexte, le Labo de l’ESS a publié en mai 2026 une note intitulée « Démocratiser le travail : un enjeu d’avenir pour l’ESS ». En effet, L’objectif de cette publication : réfléchir à la place de la démocratie dans l’organisation quotidienne du travail et au rôle que peut jouer l’ESS dans cette transformation. 

Pour les auteur·rice·s, démocratiser le travail consiste avant tout à renforcer le pouvoir d’agir des travailleur·euse·s. Il ne s’agit pas seulement de consulter les équipes sur certaines décisions, mais bien de permettre aux salarié·e·s de participer à la définition collective des conditions et des finalités de leur activité. 

Cette réflexion dépasse largement la seule question de la gouvernance. Selon le rapport, la démocratie au travail implique aussi la possibilité de débattre des horaires, de l’organisation des tâches, de la répartition des salaires ou encore des impacts sociaux et environnementaux de la production. 

L’ESS en première ligne des expérimentations 

l’ESS porte des valeurs de coopération, d’émancipation collective et de participation citoyenne. Coopératives, mutuelles ou associations ont souvent développé des modèles alternatifs aux organisations hiérarchiques traditionnelles. 

Aujourd’hui encore, de nombreuses structures expérimentent de nouvelles formes de travail plus participatives. Gouvernance partagée, transparence salariale, espaces de discussion collectifs ou encore implication des salarié·e·s dans les décisions stratégiques : ces pratiques se multiplient dans certaines organisations du secteur. 

Transformer le travail au-delà des principes affichés 

Cependant, malgré ces initiatives, le rapport souligne que la démocratie au travail reste encore largement incomplète, y compris dans l’ESS. Dans de nombreuses structures, les salarié·e·s participent parfois à certaines instances de gouvernance sans pour autant avoir une réelle prise sur leur activité quotidienne. Certaines organisations reproduisent des formes de management proches de celles observées dans l’économie classique : hiérarchies fortes, surcharge de travail ou faible autonomie des équipes. 

La démocratisation du travail ne peut donc pas se limiter à des principes inscrits dans les statuts ou recommandations des organismes. Elle suppose des changements concrets dans les pratiques professionnelles et les rapports de pouvoir.  

Ainsi, le rapport insiste notamment sur la nécessité de créer de véritables espaces de délibération autour du travail réel. Ces espaces doivent permettre aux salarié·e·s de discuter collectivement de leurs conditions de travail, d’exprimer des difficultés ou de proposer des évolutions dans l’organisation des activités. 

 

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