Mannheim 2021 - Retour sur le Sommet Européen de l'Économie Sociale

Mardi, 8 Juin 2021

Les 26 et 27 mai avait lieu le Sommet Européen de l'Économie Sociale. Cet événement co-organisé par la Commission Européenne et la Ville de Mannheim réunissait les grands acteurs de l’ESS afin d’ouvrir de nouvelles perspectives pour l’Union dans les années à venir. POUR LA SOLIDARITÉ-PLS, par l’intermédiaire de son président, Denis Stokkink, a également participé et s’est fait force de proposition pour entamer une transition vers « la 3ème voie ». Retour sur les travaux de ce Sommet. 

La déclaration de Mannheim, une feuille de route pour l’ESS en Europe

Les différents acteurs européens de l’économie sociale impliqués dans ce sommet européen avaient la lourde tâche de s’accorder sur la marche à suivre pour proposer une feuille de route pluriannuelle à l’Union. L’organisation des travaux s’est concentrée autour de trois axes principaux à savoir : la numérisation de l’économie sociale, l’innovation sociale et la collaboration transnationale et intersectorielle. L’engouement et la détermination des acteurs institutionnels et les acteurs de l’ESS ont permis la rédaction de la Déclaration de Mannheim. 

Dix points pour une transition écologique, sociale et solidaire de l’économie

Après deux jours de travail, les différents acteurs se sont entendus sur dix enjeux fondamentaux pour la transformation économique de l’Union. Ces orientations politiques auront pour but d’accompagner les pays membres dans une transition de leur économie vers une économie soutenable, verte et sociale. Afin de ne rien rater des conclusions données par la Déclaration de Mannheim, voici une présentation simplifiée des dix points :

  1. Les différents acteurs souhaitent la mise en place d’un cadre juridique et réglementaire pour accompagner les pays membres, en fonction de leur contexte national, dans le développement d’une économie favorisant l’échelle locale et le respect de l’environnement.
  2. Par le biais des Régions Européennes de l'Économie Sociale (ESER), la Commission souhaite développer une réelle politique de visibilité et de sensibilisation à l’économie sociale. Pour ce faire, le soutien et le développement de réseaux locaux et nationaux et européens d’acteurs de l’ESS permettra d’inciter les autres régions à s’impliquer dans cette dynamique. Ce développement de réseau d’expert doit également favoriser la création d’études spécifiques au domaine de l’économie sociale avec de la collecte de données locales, nationales et européennes.
  3. Le souhait de mettre en avant l’économie sociale doit se matérialiser par une mise en valeur des produits qui en sont issus. La commission envisage donc le développement de label spécifique afin d’avertir le consommateur sur les bienfaits de l’économie sociale. 
  4. Favoriser le financement et l’investissement pour les entreprises issues de l’ESS. L’objectif est de faire bénéficier à ces entreprises des mécanismes financiers adaptés à leur développement pour permettre un accroissement de la part de l’ESS sur l’économie traditionnelle. 
  5. La Commission européenne souhaite faciliter l’accès au marché commun pour les entreprises issues de l’ESS. Pour cela, elle propose la mise en commun des bonnes pratiques, comme le développement des marchés publics responsables, ou encore favoriser les entreprises nationales traditionnelles à s’orienter vers un modèle plus social. 
  6. Dans une logique de démocratie participative, l’implication de certaines organisations spécialisées dans les thématiques de l’ESS permet une meilleure prise en compte des enjeux sociaux, écologiques et économiques. L’utilisation des moyens numériques est une formidable opportunité pour intensifier le développement d’une économie verte et digitale. 
  7. Les entreprises et organisations issues de l’ESS tentent de relever les défis économiques actuels tout en améliorant la condition sociale des individus. Pour cela, la Commission européenne souhaite mettre en place un cadre juridique spécifique et des financements attenants afin de renforcer l’innovation sociale développée par l’ESS
  8. La Commission européenne, dans une logique de soutien à l’économie sociale, cherche à adapter le système éducatif aux opportunités d’emplois de demain. l’ESS offre de nombreuses perspectives d’emplois et de développement de trajectoires personnelles, l’Union souhaite les valoriser par l’intégration à tous les niveaux scolaires et universitaires de programmes dédiés à l’ESS et enjeux économiques, sociaux et environnementaux. 
  9. Dans le contexte de crise sanitaire et de la pandémie de la covid-19, les organisations de l’économie sociale ont joué un rôle primordial dans le maintien de l’économie. Ces structures ont su s’adapter rapidement aux nouvelles conditions de travail et de vie, à ce titre, l’Union souhaite pleinement intégrer ces organisations dans le dessein futur de l’Europe de la santé
  10. La Commission européenne souhaite que pour l’avenir, à toutes les échelles de décision, l’orientation stratégique de l’ESS soit faite en concertation avec les organisations spécialisées, afin de construire une cohérence politique dans ce secteur.

Bilan de cette déclaration

Les grandes orientations proposées laissent présager une amélioration du contexte économique et social au sein de l’Union. Ainsi, le travail de la Commission européenne sera de convaincre les différentes échelles de décisions, locales et nationales, pour mener à bien ce projet de réforme.

La Déclaration de Mannheim, l'engouement et la détermination des acteurs institutionnels et de l’ESS qui ont entouré cet évènement représentent un signal positif en l'attente du plan d'action pour l'économie sociale que la Commission doit dévoiler d'ici la fin de l'année 2021. POUR LA SOLIDARITÉ-PLS restera attentif et continuera d'informer sur la concrétisation de ces avancements importants pour les acteurs de l'économie sociale.

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