Erasmus+ : un nouveau levier de développement pour l’économie sociale et solidaire

Depuis plusieurs années, le programme européen Erasmus+ s’ouvre davantage aux structures de l’économie sociale et solidaire (ESS). Associations, coopératives ou structures d’éducation populaire peuvent désormais développer des projets de mobilité, de formation et de coopération à l’international, favorisant l’inclusion à une plus grande échelle.  

L’international comme levier d’inclusion pour les acteur·rice·s de l’ESS 

Depuis 2014, les financements européens permettent également à des associations, structures d’insertion ou acteurs de l’éducation populaire d’organiser des mobilités internationales pour des jeunes, des bénévoles ou des salarié·e·s. Dans ce cadre, l’association nantaise Accoord accueille chaque année des volontaires européens au sein de ses centres socioculturels 

Pour Zoé Fouquet, chargée de projet européen au sein d’Accoord, l’interculturalité représente un véritable levier éducatif : « Le vivre ensemble passe aussi par là. »  

Les projets européens permettent notamment de rendre la mobilité accessible à des publics qui voyagent peu ou qui ne se sentent pas toujours légitimes pour participer à ce type d’expérience. 

Erasmus+ : un outil de coopération et de montée en compétences 

Au-delà des séjours à l’étranger, Erasmus+ permet également de développer des coopérations entre acteur·rice·s de l’ESS à l’échelle européenne. Effectivement, grâce à des appels à projets annuels, les structures peuvent construire des partenariats autour de thématiques sociales, éducatives ou liées à l’insertion professionnelle.  

Ces échanges permettent aux structures de partager leurs pratiques, de développer de nouvelles compétences et de renforcer leur capacité d’action locale. Les mobilités peuvent durer de quelques jours à plusieurs mois et concernent aussi bien les salarié·e·s que les bénévoles ou les jeunes en volontariat. 

Rendre les programmes européens accessibles à tous les publics  

Toutefois, plusieurs obstacles limitent encore l’accès aux programmes européens. Effectivement, la méconnaissance des aides existantes, la barrière de la langue ou encore les contraintes financières peuvent décourager certains publics. Selon les acteur·rice·s de terrain, un phénomène d’autocensure demeure important chez les jeunes et les salarié·e·s les plus éloigné·e·s des expériences internationales. Beaucoup considèrent encore que ces programmes sont réservés aux étudiants et étudiantes ou aux personnes déjà familières des voyages à l’étranger. 

Pour répondre à ces difficultés, les structures de l’ESS développent des actions d’accompagnement en amont des départs : ateliers interculturels, préparation linguistique ou rencontres avec d’anciens volontaires. L’objectif est de rendre ces expériences plus accessibles et de sécuriser les parcours des participant·e·s. 

Erasmus+ 2028-2034 : vers une nouvelle génération de programmes européens 

Alors que le programme actuel Erasmus+ couvre la période 2021-2027, les discussions autour du futur cadre 2028-2034 ont déjà commencé au sein des institutions européennes. Plusieurs acteur·rice·s de l’ESS plaident pour un renforcement des budgets consacrés aux mobilités inclusives et aux projets à impact social.  

Les structures de l’ESS souhaitent notamment que les futurs financements permettent de toucher davantage les publics éloigné·e·s des dispositifs européens : jeunes en insertion, habitant·e·s des territoires ruraux ou ultramarins, personnes en situation de précarité ou encore salarié·e·s de petites associations. 

Pour les acteur·rice·s de l’ESS, l’enjeu est désormais de faire reconnaître pleinement les mobilités européennes comme des outils de transformation sociale et territoriale, au-delà des seuls échanges universitaires. 

Inscription à notre newsletter