Selon la note de conjoncture publiée par ESS France au quatrième trimestre 2025, l’économie sociale et solidaire (ESS) a perdu plus de 10 000 emplois en un an. Le domaine du sport et des loisirs est particulièrement touché, avec 1 457 postes supprimés dans les clubs sportifs, les activités récréatives et les structures associatives.
Une crise qui fragilise le sport de proximité
L’ESS représente un pilier essentiel du sport amateur français. À travers les associations sportives, les clubs locaux ou encore les structures d’animation territoriale, elle participe au développement de la pratique sportive sur l’ensemble du territoire.
Cependant, la situation se dégrade fortement. Effectivement, d’après les chiffres publiés par ESS France , l’ESS a perdu 10 447 emplois nets entre fin 2024 et fin 2025. Le domaine du sport et des loisirs enregistre à lui seul une baisse de 1,1 % de ses effectifs, soit 1 457 emplois supprimés.
Ainsi, Les activités récréatives et de loisirs sont les plus touchées avec une baisse de 1,9 %. Les clubs sportifs perdent quant à eux près de 1 % de leurs salarié·es, tandis que les autres prestations sportives reculent de 1,5 %.
Des conséquences directes pour les associations sportives
Ces suppressions de postes impactent directement les structures de proximité : éducateur·rices sportif·ves, animateur·rices, encadrant·es de pratiques adaptées ou encore salarié·es administratif·ves. De nombreuses associations doivent faire face à une hausse des coûts de fonctionnement et à des financements publics de plus en plus incertains.
Les associations concentrent à elles seules l’essentiel des pertes d’emplois de l’ESS avec plus de 12 000 postes supprimés sur un an. Les mutuelles, historiquement engagées dans le soutien au sport amateur et aux initiatives solidaires, enregistrent également un recul important.
À l’inverse, les fondations et les coopératives parviennent encore à maintenir une dynamique positive, même si leur croissance ralentit.
Un signal d’alerte pour l’ensemble de l’écosystème sportif
Pour ESS France, cette dégradation marque un véritable retournement de tendance. Benoît Hamon, président de l’organisation, évoque des perspectives 2026 « plus rudes encore ». Au-delà des chiffres, cette situation interroge sur l’avenir du sport associatif et de son modèle économique. Fermeture d’activités, diminution du nombre encadrant·es, réduction des actions locales ou annulation d’événements sportifs : les conséquences pourraient rapidement se faire ressentir sur le terrain. Cette crise met également en lumière la dépendance des structures sportives associatives aux subventions publiques et aux financements locaux. Dans un contexte économique tendu, l’enjeu sera désormais de préserver le rôle social, éducatif et inclusif porté par le sport associatif.