À Budapest, plus de 90 jeunes acteur·ice·s de 19 pays européens ont réfléchi à l’avenir du mouvement coopératif. Entre participation démocratique et entrepreneuriat, l’événement a mis en lumière les leviers nécessaires pour faire des jeunes les acteur·ice·s du renouvellement de l’économie sociale.
Un événement pour penser le futur des coopératives
L’événement « Youth Voices, Cooperative Choices: Advancing a Democratic Economy in Enlarged Europe », organisé à Budapest, a réuni des jeunes acteur·ice·s du mouvement coopératif autour de la question du renouvellement générationnel de l’écosystème. Pendant trois jours, plus de 90 participant·e·s issu·e·s de 19 pays européens se sont réuni·e·s pour réfléchir au rôle de l’entrepreneuriat coopératif des jeunes face aux défis actuels et futurs, mais aussi aux enjeux de transmission intergénérationnelle. Organisée autour de quatre axes, empowerment et engagement, emploi et compétences, entrepreneuriat et networking, la rencontre a combiné panels, ateliers, sessions d’échange entre pairs, laboratoires de politiques publiques et expériences de coopération en action.
L’initiative soulève donc une question centrale pour l’avenir de l’économie sociale : quelle place les jeunes peuvent-ils occuper dans le renouvellement du mouvement coopératif en Europe ?
Cette réflexion prend une importance particulière dans un contexte où l’insertion économique des jeunes reste un défi dans plusieurs régions d’Europe, notamment en Europe de l’Est et dans les Balkans occidentaux. Dans le même temps, le modèle coopératif mérite d’être davantage exploré comme une forme d’entrepreneuriat innovante pour les nouvelles générations. Fondé sur l’action collective, la gouvernance démocratique et la participation aux décisions, il peut offrir une autre manière d’entreprendre en contribuant aussi à son renouvellement générationnel.
Quels leviers pour entreprendre ?
L’événement de Budapest a précisément cherché à répondre à cet enjeu.
Lors du panel « Future Formats of Youth Engagement in Coops », les participants ont notamment réfléchi au pouvoir de la démocratie au sein du mouvement coopératif et aux moyens permettant aux jeunes de renforcer leur capacité d’action dans leurs propres coopératives.
Toutefois, cette participation doit aussi pouvoir se traduire par de véritables opportunités d’entreprendre. C’est dans cette perspective que le panel « Enabling Environment for Youth Cooperative Entrepreneurship » s’est intéressé aux cadres politiques, juridiques et institutionnels nécessaires au développement de l’entrepreneuriat coopératif des jeunes. Les échanges ont notamment mis en évidence plusieurs leviers : intégrer davantage l’entrepreneuriat social dans l’éducation, renforcer les dispositifs de formation et de requalification, simplifier les démarches administratives et améliorer l’accès aux financements.
Des initiatives européennes existent déjà, notamment YouthWise (2021) et Youth Entrepreneurship Policy Academy (YEPA)(2023) mais le débat reste ouvert. En avril 2026, le Comité économique et social européen a ainsi adopté un avis « EU Competitiveness and Youth Entrepreneurship », soulignant notamment l’importance des outils financiers et des services d’internationalisation permettant aux jeunes de mieux accéder au marché unique européen.
Créer les conditions du renouvellement : « Budapest Recommendations »
Les réflexions menées à Budapest ont convergé dans une première version des « Budapest Recommendations », un document élaboré à partir des conclusions des onze sessions et destiné à formuler sept recommandations à l’attention des décideur·euse·s publics. Parmi les principales propositions figurent un cadre juridique favorable aux coopératives dirigées par des jeunes, la création d’un dispositif facilitant l’accès aux financements, le renforcement de l’éducation coopérative, ainsi qu’une coopération accrue entre coopératives au-delà des frontières.
Entre éducation, financement, entrepreneuriat et participation démocratique, les initiatives comme celle de Budapest ouvrent ainsi une réflexion sur la manière dont les jeunes peuvent devenir non seulement les futurs membres du mouvement coopératif, mais aussi acteur·ice·s de son évolution.